Le Défi du Sable et le virage vers les plantes pérennes

Après notre déménagement en Île-de-France en 2015, et plusieurs mois en appartement à cultiver dans des bacs et faire mourrir nos arbres en pot sur la terrasse, l’année 2017 a marqué un nouveau départ avec l’acquisition d’une maison dans les Boucles de la Seine. Nous étions excités à l’idée de retrouver un jardin « à nous » pour reprendre là où nous avions laissé notre parcelle rouennaise.

Le Spectre du Sol Sableux

Cependant, le retour à la terre a été brutal. Le jardin, moins de 100 mètres carré, qui semblait idyllique apparait tant de temps, reposait sur un sol extrêmement sableux. Un choc pour nous, habitués au sol argileux de Normandie, amendé et bichonné !

Ce sol filtrant, pauvre en matière organique, nous a donné du fil à retordre. L’eau et les nutriments s’échappaient à une vitesse folle. Nos tentatives de faire pousser des légumes annuels (tomates, courgettes, laitues…) – ces plantes qui exigent beaucoup de travail et d’eau en été – se sont soldées par une grande désillusion. Nous avons dû nous rendre à l’évidence : nos compétences acquises à Rouen ne suffisaient pas à vaincre cette contrainte de sol majeure, et le rêve de cultiver « des légumes partout » s’est effondré.

Le Virage Stratégique : Pérenne et Minimaliste

Cette difficulté a été le déclencheur d’un changement radical dans la philosophie de Jarforetum. Au lieu de nous battre contre le sable, nous avons décidé de nous allier à la nature du lieu et de privilégier la résilience plutôt que l’effort constant.

Notre nouveau mantra est devenu : cultiver le minimum d’annuelles, maximiser le pérenne.

  1. Exclusion des Annuelles : Nous avons décidé de réduire au strict minimum les cultures annuelles, grandes consommatrices d’énergie, de travail (semis, entretien) et surtout d’eau.
  2. Focus sur le Pérenne : Nous nous sommes concentrés sur les plantes vivaces et les arbres. Ces plantes ont un système racinaire plus profond, sont moins gourmandes en eau une fois établies, et demandent très peu de travail après la plantation.
  3. Intégration du Sauvage Comestible : L’accent a été mis sur les plantes sauvages comestibles, souvent plus adaptées aux sols pauvres et qui s’intègrent naturellement à un écosystème fonctionnel.

C’est ainsi qu’à partir de 2017, la vision du Jardin-Forêt de Jarforetum a vraiment pris son sens : non plus un jardin potager amélioré, mais un écosystème structuré autour des arbres et des vivaces. Le sable nous a appris l’humilité, mais surtout, l’efficacité : concentrer l’énergie là où la nature est la plus généreuse.


Cette réorientation forcée a sauvé le projet ! Qu’en pensez-vous ?

Cet article à été mis à jour en 2025