Jarforetum aequilina : La renaissance d’un jardin urbain au cœur des Yvelines
Au sein du département des Yvelines (78), un projet innovant de biodiversité urbaine à vu le jour : Jarforetum aequilina. Bien plus qu’un simple jardin de maison de ville, ce jardin urbain conduit en jardin-forêt se veut un hommage vivant à l’histoire même de son territoire.
1. Une étymologie aux sources du département
Le nom Jarforetum aequilina n’a pas été choisi au hasard. Il puise sa force dans les racines latines qui ont donné naissance au nom les « Yvelines » :
- Jarforetum : c’est un nom imaginé et déposé par ses créateurs dans la lignée des noms que les botanistes donnent aux plantes depuis le XIII siècle. Nous avons créé le genre Jarforetum 🙂
- Aequilina : issu du latin Sylva aequilina, signifiait littéralement « forêt gorgée d’eau ». Aequilina est le terme qui, au fil des siècles, s’est transformé de « aqua » à « eve » puis en « ive » pour devenir Yveline. La partie des Yvelines sur laquelle le jardin pousse, était précédemment appelée la Seine-et-Oise, cela rappelle la présence de l’eau. Sur le modèle de la nomenclature botanique, Jarforetum est le genre et aequilina l’épithète correspondant à « Yvelines ». Dans la même idée, Jarforetum pertica est l’espèce de Jardin-foret du Perche, pertica étant l’épithète qui fait référence au perche dans le genre Jarforetum ! Vous me suivez ?
En adoptant ce nom, le projet s’inscrit dans la continuité de l’ancienne forêt qui couvrait jadis la région et dont Rambouillet est aujourd’hui le vestige le plus célèbre. Vous pouvez lire les articles du SDIS78 et M. Rouet et son site » Le Pays d’Yveline « , au sujet de l’origine du nom: Les Yvelines et de nombreuses autres informations intéressantes sur le département 78.
2. Le concept : Une oasis de fraîcheur en ville
Jarforetum aequilina est conçu sur le modèle de la permaculture et de la forêt-jardin. L’objectif est de recréer un écosystème multi-étagé capable de nous rendre des services écologiques majeurs :
- Régulation thermique : Grâce à l’évapotranspiration et l’ombrage, le jardin-forêt lutte contre les îlots de chaleur urbains.
- Gestion de l’eau : Fidèle à son nom « aequilina », le site est pensé pour maximiser l’infiltration des eaux de pluie et éviter l’évaporation, car contrairement à ce que l’on pourrait penser à travers son nom, le jardin est très sec car le sol est sableux. Sous le sol, le calcaire du bassin parisien absorbe très rapidement les eaux de pluie, notre travail est donc de recréer du sol pour améliorer l’effet éponge !
- Biodiversité : En multipliant les strates (arbres de canopée, arbustes, plantes couvre-sol, etc.), il offre un refuge précieux pour la faune locale.
3. Entre histoire et futur
Le projet rappelle que les Yvelines sont, par essence, une terre de sources et de rivières. En créant cette forêt-jardin en zone urbaine, Jarforetum aequilina fait écho à la vision du poète Jehan Despert qui, en 1968, proposait un nom mettant à l’honneur ce département traversé par l’eau et en souffla l’idée au président du conseil général de Seine-et-Oise après le remembrement.
A travers ce projet de forêt comestible urbaine, le jardin devient un lieu d’apprentissage. Nos ancêtres appelaient cette terre la Sylva aequilina mais aujourd’hui il faut allez jusqu’à la Seine pour y trouver de l’eau, en ce frayant un chemin dans l’agglomération. Le terrain est en centre ville et l’espace y est très restreint. Ce jardin est donc classé dans la catégorie des jardins-forêts de petite surface, plutôt sèche.
Jarforetum aequilina, une mini forêt-jardin
C’est le modèle « petit et intensément soigné », comme le dit La ferme du Bec Hellouin.
En plein centre ville, difficile d’implanter des grands arbres de la strate canopée (châtaignier, noyer, fruitiers haute-tige et autres grands arbres pouvant atteindre en France 60 mètres de haut !). Il faut voir plus petit ou faire avec les anciens de ce monde que nos prédécesseurs ont plantés. On peut parfois choisir des arbres un peu plus modestes et les considérer comme étant la canopée supérieure (pommier, prunier, cerisier) ou certains autres tels que les frênes, hêtres, charmes, érables, chênes, conifères, etc.
Chez Jarforetum aequilina nous avons choisi un mixe dans cette approche, intégrant les arbres matures des terrains adjacents, les considérant comme faisant partie du design. On y trouvera par exemple, le charme du terrain d’à côté et son noisetier mature, ainsi que le tilleul voisin, les althéa, les lauriers nobles matures, le noyer mature, le néflier du japon, le figuier, les oliviers des voisins, etc. Considérons que les échanges biologiques (mycologique, végétal et animal) ne s’arrêtent pas à notre parcelle cadastrale.
Une strate arborée basse (petits arbres) se décline également sur le terrain avec des amandiers, noisetiers, sureau, rosier, prunellier, fruitiers basse tiges en tout genre (pêcher, pommiers, poirier, abricotier, pruniers, figuier, arbousier, argousier, jujubier, plaqueminier, laurier noble, grenadier, les agrumes (sous abri), etc…) qui peuvent parfois s’étaler sur prêt de 8 mètres de large (pour un noisetier, par exemple). Heureusement, les pépinières regorgent d’essences plus petites et nous maintenons la taille de certain de manière plus raisonnable pour eux et pour nous.
Juste en dessous on trouve la strate arbustive (arbustes fruitiers et petits fruits) avec groseillier, mûrier, framboisier, cognassier, pommier et poirier nains ou en palmettes, chaenomeles, etc.
Nous marchons sur la strate herbacée et les couvres-sols (légumes cultivés, plantes sauvages et comestibles et autres plantes vivaces). On identifiera chez Jarforetum aequilina, rhubarbe, oseille, épinard, livèche, pissenlit, benoite urbaine, pariétaire, violette odorante, vergerette, porcelle, pâquerette, orties, monnaie du pape, cardamine, pimprenelle, thym, romarin, lavande, alliaire, lierre terrestre, ail des vignes, plantains, laiterons, gaillet grateron, menthes, fraises, myrtes, égopode, etc. D’autres encore pourraient être cités ici, mais elles demandent plus de connaissance avant d’être utilisées de quelques manière que ce soit, par exemple, la tanaisie, la carotte sauvage, le lierre grimpant, etc. Sous le sol, la rhizosphère (légumes-racines et tubercules), ail/poireau vivaces, hélianthus, topinambour, scorsonère, etc.. et enfin pour casser les rythmes et envahir tout ça, nous avons les verticales (plantes grimpantes), kiwi, vigne, akébie, glycines, etc.
Le design et les végétaux
C’est le jardin de notre habitation, il fallait qu’il réponde à plusieurs critères:
- Etre nourissier !!!
- Nous laisser de la place pour lire et bronzer sur les chaises longues
- Avoir des espaces ensoleillés et ombragés
- Ne pas ennuyer nos voisins ni la ville
- Etre un refuge pour la faune locale et migratoire
Le dessin est tracé sur les espaces existants, limités. La surface jardinée ne dépasse pas 150 mètres carré environs. La jardin est entouré de maisons et ses chemins sont basés sur nos déplacements naturels. Ces derniers facilitent le travail manuel, fauchage de petite surface, tonte, élagage, ajout de nouvelles plantes, etc.
Nous pouvons y accéder de 3 manières différentes depuis la maison, par la cave, par la cuisine et par le garage et il donne sur la rue.
Les voisins considèrent ce jardin comme dense et foisonnant…
Conclusion
Jarforetum aequilina est une sentinelle verte qui nous rappelle que l’avenir des villes dans les Yvelines, comme ailleurs dans le monde, passera par la redécouverte de leur nature. Un lieu où l’eau et l’arbre se retrouvent pour offrir un cadre de vie durable et poétique à ses habitants.
Cette page a été mise à jour en Janvier 2026.
