Dans son ancrage sauvage et parce que nous laissons librement pousser les plantes, naturellement poussent à Jarforetum aubépines, noyers, poiriers (merci la famille de blaireaux qui ressèment généreusement les pépins un peu partout !), merisiers, noisetiers, châtaigniers et prunelliers entre autres. Ce sont des porte-greffes tout trouvés, robustes car s’étant enracinés profondément seuls sans arrosage sur un terrain leur convenant pour enrichir le jardin forêt !
Ces porte-greffes généreux sont les receveurs idéaux des greffons partagés par l’association des croqueurs de pommes que nous remercions chaleureusement. Nous avons choisi comme technique de greffe les greffes à l’anglaise simples et compliquées d’hiver pour enrichir le jardin-forêt de délicieuses nèfles, pêches, nectarines, pommes, poires, abricots et prunes et autres expérimentations plus farfelues inspirées par Maurice Chaudière dans son livre De greffes en greffes, la forêt fruitière et vidéos.
En complément, l’association des croqueurs de pommes nous a aussi fourni des portes greffes pour diversifier les tailles à maturité, rapidité de mise à fruits et la longévité des fruitiers que nous avons plantés.
Nous sommes heureux de vous partager dans cet article nos expériences malheureuses en greffe !!
L’Art de rater sa greffe : Le Manuel de l’Échec selon Jarforetum
Faire une greffe, c’est de l’art… mais c’est aussi un parcours du combattant. Voici toutes les façons (testées et approuvées) de tout rater :
1. Les erreurs de casting (Incompatibilité)
- Le mauvais mariage : Se tromper de porte-greffe. Si l’affinité n’est pas là, ça ne prendra jamais. Tenter de greffer un abricotier sur une aubépine. Spoiler : ça ne marche pas.
- Le complexe de supériorité : Choisir un greffon trop vigoureux pour le porte-greffe. Résultat : un « goulet d’étranglement » et le greffon finit par mourir. Force est de constater que le pied de greffe peut alors mourir avec…
2. Les « amis » de la nature (Faune et Flore)
- Le buffet sauvage : Ne pas mettre de gaine de protection. Le chevreuil passe par là, et votre greffe devient son dessert.
- Le rongeur gourmet : La greffe est magnifique, mais le campagnol grignote le pied, malgré la gaine de protection pour chevreuils et lapins. Game over.
- L’oubli végétal : La greffe est réussie, mais vous l’oubliez sous les fougères. Privée de lumière, le greffon finit par s’éteindre.
- Le retour du sauvage : Oublier de supprimer les gourmands du porte-greffe. C’est le « sauvage » qui prend toute la sève et le greffon meurt. Re-game over.
3. La maladresse humaine (Le facteur « Oups »)
- L’étrangleur : Serrer le raphia comme un damné et oublier de le couper plusieurs mois plus tard. La greffe meurt étouffée.
- Le coup de grâce : Vouloir nettoyer le porte-greffe et, dans un geste brusque (ou pas d’ailleurs), casser net le greffon.
- Le jardinier distrait : Passer la débroussailleuse avec un peu trop d’enthousiasme et couper sa propre réussite.
- Le pied lourd : Ne pas avoir balisé sa greffe et marcher dessus par inadvertance.
- Le jardinier étourdi : Greffer sans identifier l’emplacement du pied greffé… Et l’oublier à tout jamais !
« C’est une expérience éternelle, que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ». Charles-Louis de Secondat, baron de la Brède et de Montesquieu (1689-1755)
4. Les impondérables (Ciel et Terre)
- Le perchoir fatal : Un oiseau se pose ou le vent souffle trop fort… et le greffon casse avant d’être soudé.
- L’erreur de terrain : Planter son porte-greffe dans une zone où il n’a aucune chance de survie (trop sec, trop humide, plein calcaire).
- La soif : La greffe est parfaite, la soudure est faite, mais la sécheresse arrive et finit le travail.
- Le facteur « Chien » : Le chien vient vous voir au moment où vous nettoyez le pied sans protection. Un coup de patte, et c’est fini.
Conclusion : La nature est joueuse. Si tu veux vraiment voir un arbre pousser, de plus sur pied de greffe sauvage, ne fais pas qu’une greffe… fais en plus de 15 !
Vision satyrique mise à part, c’est en greffant que l’on devient greffeur et c’est donc parce que nous avons multiplié les greffes que nous avons le plaisir de voir nos arbres greffés pousser et nous donner leur premiers fruits !
C’est parti pour une nouvelle saison de greffe où tout est possible !
